Entre le 27 juillet et le 29 août 2009, la Nouvelle Calédonie a fait l'objet d'un recensement. Il y a quelques jours quelques résultats ont été publiés. Les données communiquées laissent perplexes, à tel point que le gouvernement calédonien, inquiets pour ses dotations budgétaires attribuées en proportion du chiffre de la population, vient de demander au Premier Ministre François Fillon de ne pas officialiser les éléments recueillies.En effet, selon l'INSEE nous serions 245.580 habitants sur le caillou, dont 97.579 à Nouméa. Mais ce chiffre semble en deçà de la réalité, comparé au recensement de 2004. Celui-ci avait été "corrigé" en raison d'un boycott de la population. Étant donné les enjeux, il avait sans doute été gonflé.
Aujourd'hui, on se retrouve avec des incohérences spectaculaires. Par exemple, la population aurait baissé dans 40% des quartiers du Grand Nouméa (Nouméa et sa "banlieue"). Cela semble peut probable au vu du développement de ces dernières années.
On accuse maintenant la grippe et les grèves d'être responsables de l'échec du recensement. Mais pour notre part, si Magali n'avait pas pris le soin de téléphoner pour nous recenser, nous aurions fait partie intégrante des absents. Car jamais nous n'avons vu l'ombre d'un agent recenseur, ou même trouver un questionnaire dans notre boîte aux lettres. Pourtant, nous ne sommes pas logés au fin fond de la brousse.
Il ne reste plus qu'à remettre le compteur à zéro,et cette fois bien compter. Quitte aussi à revoir la question de l'appartenance ethnique. Celle-ci en effet ne permettait pas aux Calédoniens de s'identifier en tant que tel. Ils devaient impérativement se rattacher à une autre catégorie : Asiatique, Européen, Mélanésien...
Pour le zoreille que je suis, ce n'est pas difficile. Mais pour un descendant de bagnard qui n'a jamais vu l'Europe ou un métis indonésien réunionais dont les grands parents maternels étaient bretons et indiens ?? Oui, c'est aussi cela la Nouvelle Calédonie, et donc le Calédonien. Il n'y a pas que des autochtones. Les personnes à l'origine du questionnaire seraient inspirées de relire l'histoire du pays et d'observer le métissage de la population avant de rédiger un document aussi essentiel.








